De son nom égyptien Djehouty (le sens est à ce jour inconnu), Thot est un dieu éminent dans le panthéon égyptien et très apprécié de la population. Les premières traces que l’on a de lui sont sur une palette prédynastique (objet en pierre volcanique où figurent les actes héroïques de certains pharaons, par ex. Narmer) et les dernières offrandes datent de la période romaine. Il fait partie de ces divinités qui ont traversé l’histoire de l’Égypte antique.

Comme la très grande majorité du panthéon égyptien, Thot est à la fois représenté sous forme anthropomorphe (forme humaine) et zoomorphe (forme animale) mais il n’a que deux animaux de prédilection : l’ibis blanc (Threskiornis aethiopicus) et le babouin hamadryas (Papio Cynocephalus). Si l’on trouve une grande majorité de représentations anthropomorphes ibiocéphales (à tête d’ibis), les images de Thot zoomorphes sont en babouin.

Thot est originaire de Hermopolis Parva, ville du 15e nome de Basse-Égypte (aujourd’hui al-Baqliyyah dans le nord du pays) mais il a acquis une grande renommée à Hermopolis Magna, anciennement Khemnou et actuellement el-Ashmounein (15e nome de Haute-Égypte, sud du pays). Il y a fusionné avec un dieu local, Hedjou à forme de babouin, et sa parèdre (déesse épouse, formant une paire tutélaire de la région) est Nehem-taouy, bien que l’on cite Séchat en déesse associée.

La première fonction de Thot est à la fois de personnifier la Lune et d’en être le gardien. Ainsi, dans les différentes représentations, le dieu porte sur sa tête le disque ou le croissant lunaire. Il est également connu pour être le « maître des paroles divines » et « seigneur d’Hermopolis ». En effet, dans la cosmogonie (= mythe qui explique la création du monde) d’Hermopolis, il est le dieu inventeur du langage et de l’intelligence. Il crée également l’écriture (=paroles divines = hiéroglyphes).

Enfin il a une fonction de « comptable du temps », c’est-à-dire qu’il est en charge de la durée du temps ; le premier mois de l’année égyptienne porte son nom. Il peut également décider de la longueur d’une vie pour les mortels et on le retrouve lors de la pesée du cœur, lors du jugement devant Osiris. Il en est le greffier : il prend en compte le résultat de la pesée de l’âme et la confession dite « négative ».  C’est également lui, d’après l’histoire de Plutarque, qui obtient les cinq jours épagomènes (en plus des jours normaux) dans la cosmogonie d’Héliopolis, transformant l’année égyptienne de 360 à 365 jours. Ainsi, il crée le temps de la naissance de cinq dieux : Osiris, Seth, Isis, Nephthys, Horus l’Ancien.

Il est en charge d’ « inscrire le nom des rois sur l’auguste arbre-iched », c’est-à-dire qu’il est celui qui décide des annales royales. Il est à la fois greffier et médiateur, notamment dans l’affaire « Horus vs Seth ». Il fait partie de ces dieux qui apparaissent dans la plupart des mythes fondateurs égyptiens, soit en tant que créateur, soit en tant qu’arbitre.

Il est le « savant » qui détient la connaissance ; il est donc devenu le patron des scribes et des érudits.


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