Rê, que l’on peut tout aussi bien appeler Râ, est la principale divinité solaire du panthéon égyptien. Il en est le chef, ou plus précisément le père. Les premières attestations et traces archéologiques de son culte datent de la deuxième dynastie puisqu’il apparaît dans le nom d’un pharaon, Nebrê. En outre, il est intégré à la titulature du roi dès la IVe dynastie en tant que « sA Ra » qui signifie « fils de Rê ». Cela correspond à la période faste de son culte, époque des grandes pyramides de Khéops, Khéphren et Mykérinos.

La représentation la plus fréquente de Rê est le disque solaire. Mais il a la particularité (comme la plupart des dieux très populaires traversant l’histoire égyptienne) de fusionner avec d’autres dieux. Ainsi, on le retrouve associé Atoum et à Khepri mais Rê-Horakhty (Rê-Horus-de-l’Horizon) est celui qui sera le plus fréquent dans les textes. Ainsi, il s’approprie la représentation d’Horus qui est le faucon. Il est également représenté sous forme anthropomorphe hiéracocéphale, qui est coiffée souvent du disque solaire. Outre le disque solaire, ses autres attributs principaux sont la couronne-atef, l’uraeus (emblème royal représentant un vautour et un cobra et symbolisant les Maîtresses des deux Terres, autrement dit l’unification du Nord et du Sud) ou encore le scarabée (représentation du dieu Kheper).

Son principal lieu de culte est Iounou, renommée Héliopolis par les Grecs (venant de hélios, le soleil). Elle est la capitale du treizième nome de Basse-Égypte (nord du pays) et l’emplacement serait à l’ouverture du delta. Mais, aujourd’hui, il ne reste rien de visible de la cité cultuelle. D’après les recherches scientifiques, il semble que la ville se trouve dans la banlieue du Caire dans le secteur d’el-Matariya. Il est vraisemblable qu’avec l’expansion progressive du Caire Héliopolis ait servi de carrière ne laissant qu’un obélisque daté de Sésostris Ier. Mais Rê n’était pas seulement adoré dans ce centre économique et cultuel ; il l’était à travers le pays et durant toute la période dynastique et même à l’époque chrétienne puisqu’il apparaît dans des prières.

S’il est la divinité solaire la plus adorée, Rê est aussi et surtout un dieu créateur. Il est « maître universel » et « celui dans le poing duquel est l’éternité ». Il est démiurge dans la cosmogonie héliopolitaine puisqu’il est Atoum dans les eaux primordiales et devient Rê lorsqu’émerge le benben, le tertre initial. Il est également le héros (sens moderne du terme) d’un grand nombre de textes de la littérature égyptienne lui conférant d’autres fonctions tout aussi fondamentales.

Il est celui qui voyage de jour dans sa barque mandjet dans le ciel et celui qui combat les ennemis dans sa barque mesketet dans le monde souterrain. Sa force solaire lui permet d’avoir un contrôle sur les trois saisons que constitue l’année égyptienne et lui donne donc une position de pharaon. Enfin, dans son histoire personnelle, Rê est le premier pharaon à avoir régné sur Terre. Mais se sentant vieux et ne supportant pas une nouvelle révolte des Hommes, il cède son trône à Horus.

Rê, enfin, n’a pas de père ou de mère mais dans certaines liturgies, on lui associe une épouse Mout ou Hathor. Il a par ailleurs toujours des enfants, notamment des filles comme l’Œil de Rê (Ouaset) ou Maât (idée de justice et d’ordre). Concernant cette dernière, cela incombe à Rê de maintenir cet ordre : il le fait quand il traverse le ciel et lorsqu’il combat ses adversaires dans le monde souterrain, notamment Apep (plus connu sous le nom d’Apophis).


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